Couture

Uprising [Chemise Mélilot – Deer and Doe]

L’histoire du jour est un acronyme. Et l’origine d’un défi (je vous raconte à la fin).
Je vous présente ce qui est resté longtemps un UFO (UnFinished Object soit Objet non Terminé pour les non anglophiles)(non, non, pas un RTI*).
Pas une arlésienne (= objet rêvé, projet jamais commencé, coupons toujours entiers et potentiellement utilisables pour UN TOUT AUTRE projet), un UFO : de ces projets commencés, ébauches infinies, dont on finit par oublier qu’on les a un jour imaginés et désirés, qui ont manqué de temps, qui ont bloqué à un stade ou un autre de leur construction tant et si bien qu’on ne sait plus par où les reprendre, quels choix on avait fait, pourquoi on s’est arrêté au beau milieu d’une étape, si l’objet fini va toujours nous plaire, nous aller (quand il s’agit d’un vêtement, coupé depuis si longtemps que la morphologie a pu bouger, si si, j’en ai un qui a bien 11 ans, on change en 11 ans!!!)???
La vastitude des atermoiements questionnants des sacs à encours.

Il y a deux ans, dans la foulée d’une de mes grandes réussites toujours très fièrement et souvent portée (ma mélilot Mars-Elle aux humeurs d’Asie), je suis tombée sur cette astuce. Ce « p’tit truc qui rebique » des bracelets manche de la version « manches courtes » m’avait jusque là complètement freinée dans mon envie d’une version printemps-été de mon patron de chemise chouchou entre tous. Dans la foulée, donc, j’ai coupé dans un coupon du stock, sans trop d’emballement à vrai dire, mais dans l’optique de tester l’adaptation, et de me coudre un basique classique (ou presque) bleu intersaison. Sauf que la saison, justement, arrivait à sa fin. Force m’est de constater que je suis météocouturosensible : impossible de coudre de l’estival quand je me caille!
Aparté : l’inverse est tout aussi vrai mais je me suis promis d’essayer de coudre mon arlésienne de manteau (une vraie : rien n’est coupé, tout est encore possible!) avant qu’il ne fasse trop froid, histoire d’en profiter l’hiver prochain. Bref.
Tout comme l’arbre qui cache la forêt, une arlésienne peut cacher un encours. Je me suis motivée ce printemps à terminer celui-ci.

Heureusement, je me rappelais bien de la fameuse astuce que j’avais retranscrit à ma sauce : utiliser le gabarit de la manche longue, couper une bande de 6,5 cm de hauteur (incluant 1,5 cm de marges pour le haut en couture anglaise et 1 cm pour le bas entre l’extérieur et la doublure) en suivant la courbe épaule. Couper 4 morceaux pour doubler cette partie. J’ai réalisé des coutures anglaises, j’aurais pu faire plus simple, mais j’aime bien ça, pour rester dans l’esprit « méga jolies finitions » de cette chemise. J’ai réalisé tout le reste de la couture comme il se doit. J’ai légèrement bataillé sur cette histoire de couture anglaise sous les bras, pourtant, mon tissu n’étais pas plus épais que sur ma version Mars-Elle mais va savoir… J’ai ouï dire que certaines d’entre vous ne cousaient plus cette partie en coutures anglaises pour éviter ce surplus de tissu et, pour une version manches courtes en tout cas, ça m’inspire!

Après une journée portée, forcément, y’a des p’tits plis. Pis des p’tits plis de repassage rapide du matin avant de partir aussi 😅😇

Deux « peut mieux faire » : j’ai foiré mes longueurs de boutonnières. Là, j’ai senti toute la limite de l’exercice à ne pas coudre dans la foulée de la découpe. Ou à tout le moins, de ne pas garder trace par écrit de tous les choix faits au moment de la coupe : je suis partie bille en tête en me rappelant une option « boutonnières cachées ». Au moment de la coupe OU au moment de coudre, j’ai dû me gourer dans les marquages et les plis des longueurs de boutonnières. Et il m’a manqué des millimètres précieux pour bâtir mon pied de col (alors que pour une fois il était mitonné aux petits oignons), j’ai dû recouper et ça l’a fait (j’ai découvert le stylo frixion et le marquage précis d’un arrondi très récemment, c’est miraculeux de précision!) mais… ça reste un bidouillage expérimental. Au moins a-t-il le bon goût de ne point trop se voir puisque je continue de ne jamais fermer mes chemises jusqu’en haut.
Et… l’ourlet est moyennement réussi. Le charme (la limite) de ces cousettes entreprises sans conviction, avec une forte motivation à terminer (entendre « se débarrasser du truc une bonne fois pour toutes »).

Pourtant, une fois terminée, je l’ai scrutée, ma Mélilot petites cocottes, et j’ai commencé à l’aimer. Certes, pas de coup de foudre : d’un choix de raison sans folie est né une affection douce, entre fonctionnalité et joliesse discrète, et je me suis demandée pourquoi oui pourquoi j’avais tant procrastiné, alors que j’aime la porter régulièrement depuis qu’elle est finie.

Patron : chemise Mélilot, Deer and Doe.
Taille : 40.
Modifications :  bracelet de manche modifié, encolure ratiboisée.
Matières : batiste Atelier Brunette (d’il y a longtemps, il existe encore en jaune), 9 pressions résine bleu marine.
Rayon portabilité :  une évidence! Et en mode « Madame Bleue », j’en suis forcément convaincue!
Une prochaine fois? CINQUIEME version. On ne change pas une équipe qui gagne. Y’en aura d’autres à coup sûr, de toute façon, aucune ne se ressemble !!!
Dans le temps : à suivre.

Je lui dois autre chose encore, à cette Mélilot UFO enfin sortie de l’atelier : ma publication a déclenché un élan de motivation sur Instagram, où nous sortons nos encours poussiéreux pour les FINIR! Mon défi pour début juillet, c’est d’avoir cousu ma « toile-que-j’espère-portable » du pantalon Cat (La Maison Victor).
Vous êtes plutôt « raisonnée je finis tout dans la lancée » ou vous avez quelques squelettes infinis dans vos placards? Vous jouez avec nous? #souslapoussierejecouds !

* Princess Bride? Qui a la rèf?

15 commentaires sur “Uprising [Chemise Mélilot – Deer and Doe]

  1. J’ai pas la ref !!! En même temps, je crois que j’ai jamais vu le film …
    Bon, elle est chouette cette chemise, tu as bien fait de la finir !

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    1. je crois que ce film de princesse aurait un humour à te plaire… j’dis ça, j’dis rien (RTI = les rongeurs de taille inhabituelle)… Et merci pour la chemise, j’en suis bien contente, ma foi, contre presque toute attente!

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  2. Oui c’est vrai, parfois on se demande pourquoi l’ouvrage est resté inachevé alors qu’on était tout près du but !
    Très belle étoffe en tout cas, un peu soyeuse ; une teinte et des motifs qui s’accordent bien avec le modèle.
    Une chemise idéale pour la saison 🙂
    Bon défi alors !

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    1. je sais que la période était chargée quand je l’ai coupé… et que le temps avait vite changé après. Au printemps suivant, on trouve… le confinement! Ceci explique cela. Et oui, très jolie qualité de batiste, et ça le fait super bien en chemise printemps!

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  3. Mais elle est géniale cette Melilot ! C’est un modèle qui te va bien. Alors ce serait dommage de se priver d’en faire d’autres !
    Je suis contente de rencontrer une autre météocouturosensible ! 😉 Mais je me soigne depuis quelques temps, j’arrive un peu à anticiper les saisons… Cela doit s’appeler la sagesse de l’âge … 😉

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    1. merci beaucoup, c’est vrai que j’ai trouvé ma chemise chouchou, jusque là, je n’étais jamais bien dans une chemise!!! et la sagesse de l’âge, je l’ai pas encore pour ça (même si ce manteau, je me le suis promis, mais… je vais déjà coudre ma veste demi-saison en retard!) 😂

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  4. Elle est très chouette cette chemise et méritait d’être terminée.. Oui j’ai aussi quelques squelettes dans mon placard mais j’ai réussi à en liquider un bon nombre. Du genre têtue, je n’aime pas laisser des projets en rade.. ça me prend des fois comme une envie de grand nettoyage de printemps.. Et même si le projet boulet fini n’est pas à la mesure de mes attentes, je sais qu’il est au moins terminé et que j’ai fait ce que j’ai pu pour le rattraper. On se console comme on peut!!

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    1. En vérité, je n’en ai pas tant que ça, des projets non finis, quelques culottes, une robe, un pantalon, donc… J’ai plutôt tendance à finir aussi, mais je m’aperçois qu’un projet commencé depuis longtemps et laissé en berne faute à manque de temps ou gros blocage technique, peut parfois prendre du temps pour trouver son chemin! Le fait est que depuis ces dernières années, où je creuse plus les ajustements et les finitions, je sais quand et comment j’avance, et je m’en satisfais, pareil : on se console comme on peut!

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  5. Elle est très chouette cette Mélilot ! Et enfin de saison !
    Je note l’astuce pour la finition des manches courtes.
    Normalement, je finis ce que je commence en couture et ne commence pas un nouveau projet tant que le précédent est en cours. Bon, il y a quand même toujours cette culotte qui attend ses élastiques … Toujours sur un coin de ma table de couture, j’ai parfois l’impression qu’elle me regarde, c’est grave docteur ? 😉

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    1. Je me rappelle que l’astuce t’avait intéressé quand j’en avais parlé la première fois, donc ravie si ces mini-explications te permettent de t’y pencher! Hehe, le regard de chat potté de la culotte sans élastique (j’ai les mêmes à la maison)… ça vaut bien un projet fini pour le 4 juillet, ça, non??? 😁😂

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