Couture·Eco-bio

Pas à pas [Robe Yolande – République du Chiffon]

L’histoire du jour est de procrastination et d’arlésienne. Deux ans que je rêve de Yolande, deux ans que j’ai le patron en stock, deux ans que j’ai commandé LE tissu POUR réaliser cette robe, deux ans que ça traîne.
Non, non, ceci n’est pas un UFO (voir ma définition dans l’article de ma dernière Mélilot), j’ai tourné mille fois dans ma tête les ajustements à penser, j’ai flanché souvent à l’idée de me lancer dans un nouveau patron, j’ai parfois cédé aux appels de la facilité en cousant autre chose, je n’avais jusque là jamais rien décalqué ou coupé pour Yolande…
Un jour, je devais terminer un encours ou avancer mon UFO choisi pour le défi « Sous la poussière je couds » et bim, j’ai cousu ma Yolande (mais bien sûr… comment ça « rien à voir-c’est quoi la logique »?).

République du Chiffon et moi, c’est une drôle d’histoire. J’aime le style général de cette marque de patrons, moins certaines de leurs explications, j’aime leurs petits détails stylés, moins le scroll intensif sur le hashtag dédié pour voir les versions déjà réalisées qui m’est vital à chaque fois avant de me lancer dans l’un de leur patron (faut-il alors que les ajustements soient décrits dans les publications!)… Je n’y vais jamais les yeux fermés, voilà pourquoi quelques unes de mes plus belles arlésiennes leur sont dues (voir mon Raymond).
Le patron m’a été offert par RdC lors d’un concours organisé sur IG par Julie de @joliesbobines, je n’ai pas eu ici à craindre pour mon investissement.
Côté explications, ce coup-ci, il n’est noté nulle part de coudre l’ourlet de la jupe. Et si le modèle est présenté avec une ceinture, celle-ci n’est pas incluse dans le patron ou la description, pour l’ajouter, vous devrez déterminer sa largeur et sa longueur. Ce sont des détails mais ça peut être source d’interrogation. Pour la petite histoire, j’ai envoyé un mail à la marque pour leur faire part de mes interrogations, je n’ai pas de retour à ce jour.
Contrairement à mes envies sur d’autres robes printanières (voir ma Jazz rouille ou ma Bella), après une session de tergiversations particulièrement intense avec appel à ma conseillère mode personnelle (ma fille, un avis toujours sûr), j’ai choisi de faire sans ceinture, pour changer, justement.

J’ai repéré que, chez RdC, je dois allonger bras, jupe et buste qui sont systématiquement trop courts pour ma morphologie.
Sur Yolande, niveau bras, no soucy, ce sont des manches courtes qui me satisfont comme ça. Pour la jupe, j’ai esquivé le côté « jeune fille en fleurs » avec les 10 cm que j’ai ajouté, qui lui (me) vont. Mais concernant le buste, j’ai mal visé, le cm ajouté ne suffit pas à limiter la remontée de la taille élastiquée lors d’un mouvement trop brusque vers le haut. J’avais déjà rencontré ce problème avec ma première robe RdC (coupée depuis en top, bien mieux), ou alors faut que j’arrête de monter les bras?

En plus de ces ajustements, j’ai choisi de coudre en 39. Je suis pile entre le 38 et le 40 selon le tableau de mensurations niveau poitrine, et j’ai vu des versions trop amples aux épaules et au dos, qui m’ont alerté sur le risque de surdimensionner mon choix de taille, sans toutefois vouloir me retrouver engoncée en choisissant trop petit. Bref, on est au millimètre près, et j’en suis ravie, parce que ça me va comme ça.
J’ai aussi choisi de coudre directement dans mon joli tissu Mars Elle (tant qu’à y aller au talent), manquant cruellement de temps pour faire une toile. ça augmente la pression, sans nul doute. Dans un moment de lâcher prise, j’ai fait confiance à mon expérience. Celle-ci (mon expérience) et (aussi) les conseils du livret explicatif à ce sujet m’ont permis de réaliser des enformes et des pointes correctes (le point délicat du modèle, certainement). J’ai aussi pris le temps d’une couture main pour les parementures, ce qui me remplit toujours d’une grande satisfaction!

Malgré mon report des repères de montage du corsage, j’ai hésité (en regardant intensément les différentes réalisations sur IG, il y a clairement deux écoles) : boutonnières entièrement couvrantes l’une sur l’autre ou petite marge pour centrer le tout? Le modèle de base présente une marge, les repères que j’avais marqué m’indiquaient une superposition complète, j’ai fini par compromissionner. En cours d’essayage, je suis partie du bas du corsage complètement superposé et j’ai installé le haut « comme sur la photo du modèle ». Le résultat visuel s’avérant à mon goût, je l’ai monté comme ça. C’est sûrement non académique (comme si cet argument seul suffisait à m’arrêter), cela résulte certainement d’une incohérence quelque part (mon report/les repères du patron?), mais… qui saura en me croisant dans la rue que ce n’était pas censé être comme ça. A part vous, je veux dire. Humm?

Côté tissu, mon choix du tissu Ombelles s’est fait en pensant justement au dégradé haut-bas qu’il allait me permettre (les fleurs seulement sur le bas, de légers pointillés sur le haut). Partant du tissu en coupant non pas dans le droit fil, mais suivant la lisière (pour profiter du motif), j’ai dû bien réfléchir au positionnement de chaque pièce, et ça valait le coup, j’aime beaucoup le rendu. J’ai choisi de faire les parementures intérieures avec la partie motif, qui se voit quand je porte la robe col ouvert, et j’aime bien. Au rayon mariage patron/tissu, c’est un combo gagnant.

A vaincre sans péril… blablabla : la malédiction des boutonnières est passée par là. Quatre boutonnières. Juste quatre toutes petites boutonnières. On est d’accord que ce n’est pas le bout du monde, si? … Ma mac a foiré la quatrième. Celle du haut. Celle qui se voit (puisque je peux porter Yolande col ouvert ou col fermé). J’ai redéfait deux fois (et je peux vous le dire, dans une popeline fine, c’est coton, enfin oui, c’est de la popeline coton, bref, vous comprenez), la troisième fois a refoiré malgré toutes mes incantations, mes éteignages et réallumages de mac, mes re-réglages. J’ai trouvé une esquive qui le fait pas trop mal mais franchement, j’en ai sué. Moralité : faites jamais confiance aux machines, même si, en général, elles sont sympas et collaborantes. Bientôt 20 ans que je couds et c’est toujours la même histoire (quelle que soit la machine)!
Vive les modèles sans bouton, même si oui, les boutons, c’est très joli, surtout quand il s’agit de boutons en nacre de chez Amandine Cha Dessolier acheté tout exprès en rêvant ma Yolande dans ma popeline si lumineuse.

Aussi, j’ai sciemment omis d’ajouter des poches à ma robe, faisant fi de mon crédo « les robes à poches, c’est la vie » parce que parfois, il faut savoir raison garder : cette robette légère et fine n’allait pas gérer visuellement la lourdeur d’une poche insérée… Ce que la coquetterie me pousse à faire, c’est dingo! De toutes façons, j’ai toujours un sac à l’épaule. Et rien dans les poches (à part mes mains). Si vous m’entendez regretter de ne pas avoir de poches sur ma robe, vous saurez me le rappeler, n’est-ce pas?

Patron : robe Yolande, République du Chiffon
Taille : 39 (trait entre le 38 et le 40), ajout de marges de 1 cm partout sauf 2 cm aux bas des manches, et 5 cm aux ourlets jupe).
Modifications : +1 cm au buste, + 10 cm à la jupe.
Matières : popeline Ombelles jaune Mars-Elle, boutons nacre Amandine Cha Dessolier.
Rayon portabilité : cette robe me parait fonctionnelle et facile à vivre. Seul bémol : la nécessité de repasser le tissu pour que ça reste élégant. Elle risque de bien me servir pour aller au travail, et aussi en sortie citadine! Elle risque, parce que depuis que je l’ai terminée (il y a déjà plusieurs semaines), il fait un temps de mi-saison froide à ne pas épiler une gambette nue pour préserver la chaleur! Et elle n’est pas sortie du placard, quelle tristesse. Sauf pour la séance photo parce que j’ai soudain eu besoin de mettre du soleil dans ma journée qui s’annonce pluvieuse, encore.
Une prochaine fois? Je trouve ce modèle très élégant, une fois apportées toutes les modifications qui me conviennent… Et je le verrai bien en chemisier, avant d’une fois refaire la robe, si ça me reprenait (mais j’ai tellement d’autres envies)… Donc peut-être bien.
Dans le temps : à suivre.

Tout est bien qui finit bien, on dirait un conte de fées, oiseaux coeurs et licornes partout : je finis satisfaite de ma Yolande, malgré tout. Parce que ce que j’avais imaginé en la rêvant avec ce tissu Mars Elle est bien au rendez-vous : une robe lumineuse (ma petite robe jaune de saison, encore une), une robe a priori facile à enfiler au quotidien malgré son petit effet classieux de l’enforme, une robe féminine qui passe en toutes circonstances, une robe qui a le bon goût de combler un manque de ma garde-robe (la robe à petites manches plutôt que sans manche ou manches longues).
Et je suis heureuse d’avoir cousu ma Yolande.
Et j’espère bien pouvoir la porter d’ici quelques temps, quoi.
Entre la réalisation de Yolande, et la touche finale à cet article, j’ai cousu mon UFO (joie, malgré opus non concluant), ET terminé mon encours (si si si, mais comme c’est une veste mi-saison, et qu’on est en été-calendrier, je vous la montrerai plus tard, mais elle, je vais pouvoir la porter tout de suite, hehe)… Aaaah les joies de la météocouturesque!
D’ailleurs, à ce stade fort avancé du calendrier, et en regardant la couleur du ciel du jour, je me mets à penser à des coutures plus automnales, pas vous?

11 commentaires sur “Pas à pas [Robe Yolande – République du Chiffon]

  1. hey salut jolie Yolande !!! /* Moi, Yolande, je pense aux Deschiens mais bon … La tienne est plus … classe disons ! */
    J’aime bien la répartition du motif … En bas mais paf, caché en haut !!!
    Je comprends et je compatis à la malédiction de la boutonnière (C’est de ne plus pouvoir en faire qui m’a décidé à racheter une mac).
    Sinon, elle est lumineuse, elle te va bien, ta fille a bon goût et qui sait ? On verra ptet bien l’été un de ces 4 !

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    1. hihi, oui, YOlande, en effet, plusieurs styles possibles!!!! et ouais, on va voir pour l’été, autrement, je m’en réjouirai le printemps prochain quand il f’ra chaud et que je devrais aller au bout un peu habillée quand même!!!

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    1. Le tissu se prête vraiment à ça, il est même conçu pour 😊 et merci, je l’aime bien quoique pas la robe la plus confort à porter à cause de cette histoire de taille élastiquée… et les boutonnières c’est quand même un monde!

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  2. Jolie Yolande très solaire. Tu as fait le bon choix pour la patte de boutonnage. Ça fait un effet intéressant ainsi, surtout boutons fermés. Et bouton ouvert, on voit le belle parementure. Belle réussite ! Les boutonnières ont souvent tendance à foirer quand la machine rencontre des différences d’épaisseur. Et ça c’est justement le cas aux extrémités des pattes de boutonnage ou des ceintures de jupe ou de pantalon. Rageant !

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    1. Hihi, la malédiction des boutonnières!!! mais bon, on s’en sort, hein (dit celle qui s’apprête à coudre une robe SANS boutonnière)… et merci de ces compliments, le tissu est une superbe base, et la robe lui va bien.

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