Couture·Eco-bio

Atlas [Robe Jazz vue 10 – Ready to Sew]

Aaaaah la maison Tellier ❤

L’histoire du jour est de couture lente. Comme de plus en plus souvent. Pas forcément par choix, j’aime toujours autant l’idée de me lancer et de finir une cousette le même jour, mais force est d’admettre que mon rythme de vie actuel, sans être démentiel, ne s’y prête pas.
Cette histoire-ci débute par une commande chez Amandine Cha pour une robe : autant l’objectif de la commande et mon intuition étaient parfaitement raccords, autant j’errais dans mes choix patronesques et il m’a fallu passer par plusieurs projets fantasmés, de la jupe au pantalon, pour revenir à l’évidence.

L’évidence? La robe Jazz, simple, légèrement ample sans trop, sans fioritures inutiles, multi-saison, déjà testée et approuvée (si vous voulez voir chaque article, cliquez sur l’un ou sur l’autre des mots), jamais la même néanmoins (si vous voulez voir TOUTES mes réalisations sur la base de ce patron multiforme en un coup, cliquez ici).
Pour la petite histoire dans l’histoire, dès la réception de mon tissu, j’ai pensé Jazz, mais je trouvais que la forme de la manche longue ne convenait pas au mariage « carreaux X ma portabilité ». J’avais fini par m’auto-jazzconvaincre, ne sachant néanmoins trop comment m’y prendre. L’idée a fini de s’imposer un jour de courte fenêtre de couture quand j’ai entrevu la possibilité d’une manche longue droite et non pas ample comme dans le modèle original : en regardant de plus près les multiples propositions sur le blog Ready to Sew, j’ai vu le graal de la manche. Comme Raphaëlle n’a clairement pas fait les choses à moitié sur ce patron de folie, elle a (entre autres) rédigé un tuto pour allonger la manche courte (droite) pour une énième variation sur le même thème (*je vous mets tout dans le récap technique, un peu plus loin). Je tenais enfin mon combo parfait.

Histoire idyllique ou true story?
Si vous me lisez depuis un moment, vous savez qu’une aventure couturesque est rarement un long fleuve tranquille par ici. Parce qu’à se lancer dans des modifications, il survient parfois des accidents, même si, la plupart du temps, le résultat vaut le détour… Ici, j’ai dû mal calculer mon tour de poignet, ou mon poignet est trop fin, ou j’ai voulu trop allonger la manche (63 au lieu des 59 préconisés, y’a pas à dire, ça joue sur l’inclinaison des bords)… bref, j’ai foiré. Le doute m’habitait mais têtue et forte d’une auto-conviction en partie due à la courtitude de la-dite fenêtre de couture, j’ai cousu, coutures anglaises et tout bien. Et mon bras passait.
Certes, sans aisance aucune, pliant mal, d’autant que le projet, est, on se le rappelle, une robe d’hiver, dans un tissu somme toute assez léger donc à associer à l’un de mes d@marts chouchous qui ne quittent pas ma panoplie de tout l’hiver, fût-il valentinois celui-ci (comprendre, pas tant froid non plus).
Evidemment, je n’avais plus de tissu en rab pour envisager une quelconque découpe plus sécure ou revue. Et je rechignais à gaspiller mes précieuses manches déjà coupées. Je passerai du temps à vérifier la raison technique ultime de mon foirage une prochaine fois : j’ai profité d’une seconde fenêtre de couture (à peine quinze jours plus tard, le rêve) pour redéfaire le tout, tenté une couture à 0.5 cm pour ajouter 1 cm d’aisance (surprise : ça passe bien mieux)(1.5 cm au niveau de l’emmanchure bien sûr, pour conserver le même tour d’emmanchure, faut penser à ce genre de détail, ligne venue « mourir » à 0.5 3/4 cm en-dessous) et j’ai choisi, contrainte, une finition moins élégante. J’ai bien renforcé le tout avec une seconde ligne de couture, d’un point légèrement supérieur (de 3.0 à 3.4 de mémoire) : j’aime le risque, mais que voulez-vous, je suis aussi (parfois) un poil prévoyante.
L’expérience, Madame (le jour où l’expérience m’évitera complètement les mésaventures, je serai 20e dan de couture hussardienne).
Sauf que l’expérience, toussa toussa, ça n’a pas suffit, le tissu s’est effiloché au premier lavage au bas d’une des manches… Bigre. J’ai repris une nouvelle fois, en croisant les doigts que ça ne se reproduise pas (l’avenir nous le dira)!

En dehors de ces pérégrinations aventureuses, j’ai choisi d’allonger le buste pour que la taille tombe sur ma taille naturelle, ça crée un changement intéressant sur la silhouette de la robe, et j’ai très fortement allongé la jupe (10 cm, ce qui donne, avec les 2 cm en plus sur le buste, un +12 au total), ce qui me laisse un peu plus dubitative. J’y reviendrai peut-être si je vois que cette robe ne sort pas aussi souvent du placard qu’elle devrait avec toutes les cases qu’elle coche. Ceci dit, j’ai plutôt confiance : cette jupe-ci qui me laissait très hésitante elle aussi a fini par me convaincre cet hiver, je porte l’ensemble sans arrêt, sans avoir raccourci, il est parfait avec le chauffage raisonné et raisonnable au bureau et à la maison (le 19° un peu limite quand on bosse devant un ordi sans trop bouger).
Sur le patron, plus grand chose à dire : ça roule, ça tombe bien (la seule part de risque ici réside dans la tentative de trucs hors sentiers battus), j’aime. Sur le tissu, très agréable à coudre, léger mais belle tenue (bon, il s’effiloche un peu, mais faut dire que je lui demande de résister à quelques tiraillements improbables aussi…), jolie fluidité, à voir à l’usage.
Je suis heureuse de ma robe, et je crois surtout que je suis heureuse d’avoir trouvé (pris?) le temps de coudre autre chose qu’une bricole de Noël :). D’ailleurs, les envies et les projets fourmillent, ça m’a remis le pied de biche à l’étrier, on verra si les opportunités temporelles se présentent !

Patron : ebook Jazz vue 10, Ready to Sew.
Taille : 38.
Modifications : manches droites *selon tuto RtS, + 2 cm buste, + 10 cm jupe.
Matières : coton jacquard carreaux burgundy, Amandine Cha Dessolier.
Rayon portabilité : la couleur bordeaux/burgundy/rouge foncé est l’une de celle que je porte le plus en hiver, avec le bleu marine, cette robe possède donc un atout de taille. Et sa forme facile à enfiler est un gage de portabilité… Juste à voir si je dois revenir sur sa longueur, ou pas. Ma jazz d’hiver rentre bien dans mes habitudes, et je sais son potentiel confort-élégant à la fois… J’ai les bonnes chaussures et bottes qui lui iront bien, peut-être qu’il va lui manquer un gilet, mais quelque chose me dit que ce problème pourrait rapidement trouver solution! Je note tout de même que la profondeur du décolleté va ici très bien sur une version prévue pour le d@mart (ou un sous-pull, dont je n’ai aucun opus dans ma garde-robe à ce jour) mais je ne la porterai pas sans rien…
Une prochaine fois? refaire une Jazz? Ce n’est même pas un sujet : évidemment. Dans une autre version ou pas, ce patron me convient et permet tellement de variations qu’il peut donner corps à beaucoup beaucoup de mes envies.
Dans le temps : à suivre.

Allier plaisir de couture (oui oui, malgré les nécessaires bidouilles, je me suis fait plaisir) et bonne proba de portabilité, comme vous le montre déjà les trois silhouettes concoctées pendant la séance photo, j’aime. Et j’aime aussi l’élan créatif que cette robe m’a redonnée… A suivre prochainement j’espère.

J’ai envie de vous parler de mes lectures, en complément de mes coutures, sans que ça devienne un blog de critique (j’aime pas trop et je sais pas trop faire), juste, partager des coups de cœur et aussi récupérer les vôtres!
Aujourd’hui, les deux derniers livres que j’ai aimé :
Les jours brûlants, de Laurence Peyrin. Décidément, l’écriture de cette autrice, déliée, fluide, et ses choix d’histoires, toujours un peu ailleurs, des femmes, des parcours, me plaisent beaucoup. Je me suis laissée prendre à suivre cette héroïne qui n’en est pas vraiment une, une histoire de résilience d’automate, une histoire d’amour(s) aussi. Pas toujours drôle (il y est question d’agression, pour qui ne se sentirait pas de se confronter à une telle lecture), mais sensible. Comme Frédérique Deghelt, dont j’ai récemment lu La nonne et le brigand, plutôt pas mal aussi, j’ai envie de continuer à découvrir leurs écrits, c’est un plaisir à chaque fois.
Les Miracles du bazar Namiya, de Keigo Higashino. Ah les joies de la littérature nippone, l’univers subrepticement fantastique quand les histoires sont si réelles et prenantes, subtil, délicat, et tellement emportant et touchant à lire que je l’ai fini en quelques tout petits jours. Difficile à résumer, quand des lettres se perdent entre futur, passé et présent, les conseils qui influent sur des destinées, humain et bienveillant… Un petit bijou. L’auteur est (dixit la quatrième de couverture) une figure majeure du roman policier japonais, j’ai déjà lu Les doigts rouges (je n’avais pas fait le rapprochement quand une amie m’a prêté « les miracles… »), très original et prenant aussi. Auteur à suivre.

Entre lecture et couture, quelles sont vos jolies réussites/découvertes à vous ces derniers temps?

17 commentaires sur “Atlas [Robe Jazz vue 10 – Ready to Sew]

  1. Salut, ô dame aux beaux atours !
    Dis-donc, elle est classe ta robe ! J’adore !
    Simple pitêtre même classique mais avec accessoires, c’est tout toi !
    Pour les lectures, je suis dans le Dalloz contrats matrimoniaux, c’est pas folichon mais comme je me concentre sur le chapitre rupture de contrat, ça passe !
    & j’ai aussi lu l’accroche-coeurs. Ben, j’ai pas aimé.
    En tout cas, j’ai envie de ressortir ma robe à carreaux aussi maintenant …

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    1. oh mais que de beaux compliments!!! merci 😀 Ouhla l’accroche-coeur, j’en ai un souvenir nébuleux mais plutôt nauséeux en fait… Hehe oui, sors donc ta jolie robe à carreaux (une darum si je ne m’abuse?). Et bises pour le reste moins folichon!!!

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  2. D’abord le clip, merci pour cette jolie découverte ; j’ai été sensible à l’harmonie des couleurs et à la poésie des masques, très sympa !
    Côté couture : superbe le tissu, agréable à travailler ? Tu portes vraiment bien ce genre de robe et avec les cheveux courts… wouaw très pepsi !!!
    Côté lecture : Frédérique Deghelt, tu as sans doute lu « La grand-mère de Jade »… bien sûr !
    J’ai passé un moment agréable à te lire, merci et bonne continuation 🙂

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    1. Ravie que la poésie maison tellier ait opéré pour toi 🙂 et oui, agréable à travailler, le tissu, si ce n’est le petit côté effilochage (léger) qui m’a valu de recoudre déjà une de mes coutures limites.
      Et la grand-mère de jade est mon premier Deghelt, j’ai fini en larmes, j’aime beaucoup aussi les brumes de l’apparence… Pour l’instant, ça reste mes deux chouchoux… Ton préféré à toi?

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  3. Oh toute une bien belle robe…oui didonc…et elle va avec tout….elle est vraiment parfaite….ouii
    et J’adore Keigo Higashino, mon chouchou….;)

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  4. Hihihi, ce n’est pas avec toi que toutes les « patronneuses » qui nous sortent des patrons toujours plus indispensables vont faire leur beurre ! pourquoi changer quand on est satisfaite et qu’on sait ce qui nous va ? pour ma part, j’ai réutilisé myosotis en le modifiant pas mal de fois, et le 1001 robes, sans oublier l’ iconique aldaia…

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    1. 😂 ton commentaire m’a bien fait rire, je cherche pas à remplir mes placards de patrons jamais cousus et qui se ressemblent tous. Par contre, exploiter à fond un patron et l’adapter à mes envies, ça c’est le super-pouvoir de la couture, pour moi (et pour toi aussi à ce que je comprends ☺)

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  5. Quelle est jolie cette robe et elle te va tellement bien !
    J’aime bien les petits looks que tu as photographié avec ta robe Jazz !

    Quant à ma dernière lecture coup de cœur, c’est La carte postale. Assez dur à lire, sur la shoah. J’ai encore appris de nombreuses choses, notamment sur le retour des camps. En compliment j’ai écouté une interview de Simone Veil sur France Inter (format Podcast).

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    1. merci pour la robe et les looks, j’aime bien dorénavant montrer et me montrer qu’on peut imaginer plusieurs tenues avec une créa… Je note ton idée de lecture, un thème difficile, en effet, mais important.

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  6. Ca n’a encore pas été un long fleuve tranquille, la réalisation de cette robe, que d’émotions 😉
    Mais au final, tu as une robe qui te va bien, dans un beau tissu. Bonne idée de présenter ces « looks ».

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    1. J’espère que je suis venue à bout des rebondissements de cette créa! et oui, ce tissu est très chouette, pour les looks, une petite habitude qui me permet à moi aussi de vérifier plusieurs combinaisons d’une nouvelle créa, c’est plus vivant que juste la tenue one shot!

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